Ceux qui voudraient devenir riches

Et qui crachent dans la soupe… Je connais un serial entrepreneur à succès. En fait, j’en connais plusieurs, mais la personne concernée par l’anecdote que je vais raconter ici est d’un genre tout à fait différent de ceux qui sont créateurs d’entreprises. Son talent particulier n’est pas de créer, mais d’acheter des entreprises en difficultés et d’optimiser leur fonctionnement pour les redresser et les inclure à l’intérieur d’un groupe. Ainsi chaque entreprise peut puiser dans les ressources des autres pour former un tout cohérent et performant.

Il ne s’agit pas de démanteler les entreprises ainsi acquises et de supprimer des emplois par dizaines, mais bien au contraire d’analyser, d’améliorer, d’optimiser, de rendre plus performant et plus rentables les produits ou services qu’elles proposent.

Bien entendu, avec un tel succès et malgré tous les risques qu’il peut prendre, cet entrepreneur ne rencontre à titre personnel aucune difficulté financière, il est aisé (et bienveillant comme nous l’avons vu plus haut puisqu’il sauve des emplois). Il possède une superbe maison, une jolie voiture, etc.

Un jour, alors qu’il arrivait avec sa belle voiture dans l’enceinte d’une entreprise acquise quelques semaines plus tôt, il s’est fait interpeller par un salarié. Selon ce dernier il était absolument inadmissible d’arriver dans une voiture de luxe alors que l’entreprise était en difficulté. En résumé, cette personne reprochait à l’entrepreneur de faire étalage de sa fortune et le soupçonnait de pomper le peu d’argent qu’il restait à l’entreprise pour mener la grande vie alors que les salariés étaient sous-payés. La réponse de l’entrepreneur ne s’est pas fait attendre : « J’avais de l’argent AVANT d’arriver à la tête de cette entreprise ! ».

Depuis, cette entreprise a été redressée. Elle est devenue plus performante, plus rentable et les salariés ont été (et sont encore) financièrement récompensés à la juste mesure de leurs efforts. Tout le monde y a gagné quelque chose.

Il est étrange de constater le peu de raisonnement de certaines personnes. Certes une situation professionnelle tendue peut mener à un certain niveau de stress, lequel peut amener des réactions pas toujours très objectives (oui, j’essaie de trouver des excuses à cet employé indélicat). De nombreux salariés de cette entreprise (et de bien d’autres entreprises d’ailleurs) souhaiteraient avoir le niveau de richesse de leur employeur, pour être plus à l’aise, avoir moins peur de l’avenir, vivre plus d’expériences gratifiantes, etc., mais aucun d’entre eux n’est prêt à se lancer, à prendre les risques qui vont de pair avec l’entrepreneuriat, à prendre les responsabilités et à fournir le travail qui s’imposent pour y parvenir.

De mon point de vue, la richesse n’est pas le pire des maux, car l’argent offre la possibilité d’oeuvrer pour le bien d’une communauté. Ceux qui ont de l’argent n’ont pas nécessairement dépouillés ceux qui n’en ont pas, ils ont simplement pris leur indépendance, fournit plus d’efforts, pris plus de risques, de décisions importantes et de responsabilités. On peut ne pas se sentir capable de tout cela (à tort ou à raison d’ailleurs), on peut ne pas avoir envie de faire la même chose, mais dans ce cas, je pense qu’on perd légitimement (en grande partie) le droit de se plaindre et de rejeter sur d’autres la faute de ses propres échecs.

Quelles remarques cette histoire vous inspire-t-elle ? A-t-on le droit de profiter des résultats de son travail, même si cela implique de devoir « montrer » sa richesse ?

Benoit Écrit par :